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Chut ! Soyez discrets ! Ne répétez pas ce que je vous confie.
Gentille maîtresse (Christiane) s’attribue ce roman , mais en fait, c’est bien moi qui lui ai dicté. Normal ! C’est mon histoire, mais comme elle y a joué un grand rôle, je lui laisse la notoriété de ces quelques épisodes. On dit que les chats ont un 6ème sens et si ce 6ème sens était celui qui nous guidait vers les bonnes personnes ? Dans ce cas ce serait bien notre histoire, celle de Gaston et de Gentille maîtresse. Il suffit juste d’une rencontre magique au bon moment. Emouvez-vous, amusez-vous avec ce récit de mon parcours extraordinaire, moi petit chat bien ordinaire.

Gaston

Gaston, extrait de la Nouvelle n°1

Ne dites pas aux esprits chagrins que je suis heureux, ils me croient encore dans le caniveau !

Ou

Tout peut arriver !
histoire véridique de Gaston le magnifique.
CETTE HISTOIRE A ETE RACONTEE PAR :
GASTON

ET C’EST CHRISTIANE BOUREY QUI VOUS L’A TRANSCRITE

LES PERSONNAGES
Gaston , c’est moi, le héros de l’histoire
Gentille maîtresse : elle, c’est ma bonne fée
Et les gentilles dames : par ordre d’apparition dans cette histoire :
Isabelle
Gentille fille
Annie
Josyane
Et gentil beau-fils
Et aussi, enfin, gentil compagnon
Mais il y aura encore d’autres gentils autour de moi, au cours de ma vie ! Car, je le mérite bien.
S.P.F.

CHAPITRE 1 : Je me présente

Dois-je commencer à vous raconter mon histoire par « il était une fois… », Histoire de Gaston le rescapé ?
Non.
Trop commun, même si ces termes ont beaucoup servi pour les contes de fées (un peu ce qui s’est passé pour moi !). Je vais donc vous la raconter dans un style un peu plus personnel, le mien.
Alors, voilà !
Mon nom, c’est Gaston !
Je suis un chat.
Je vous imagine, levant un sourcil, surpris …vous deviez penser que j’étais un digne et vieux monsieur (Gaston, ce n’est pas un prénom bien jeune, il est vrai !) ou pourquoi pas, un joli petit garçon qu’on aurait appelé ainsi pour que Gaston redevienne à la mode.
Non, rien de tout cela ; je confirme, je suis un chat !
Et un très beau chat, paraît-il ! Moi, je n’en sais rien mais c’est ce que j’entends autour de moi et c’est surtout ce que ma maîtresse me dit, plusieurs fois par jour. Alors, c’est sûrement vrai.
D’ailleurs, elle a toujours raison, ma maîtresse.
Mais pourquoi Gaston ? …. Gaston, la gaffe ? Gaston, y a l’téléfon qui son ?
Je vais tout vous expliquer : tout simplement, parce que je suis entré dans la vie de ma maîtresse l’année des « G ». J’étais pourtant né presque un an auparavant, l’année des « F ». Vous imaginez ? J’aurais pu me prénommer Fernand ou Firmin, Fulbert ou autre Fiacre….vraiment pas beau ! Ouf !je l’ai échappé belle. Elle (ma maîtresse) a trouvé que Gaston, ça sonnait bien, c’était rigolo et original pour un chat sans race, sans pedigree, pour un corniaud, un « bas de gamme »comme moi. Bref, un chat des rues, simple chat de gouttière.
Je suis beau ! Tigré, dans les gris et noir et j’ai une jolie tête. Enfin, c’est ce que j’entends ; pour ma part, je n’ai pas trop de références.
Je crois ma maîtresse, elle s’y connaît en chats. Elle en a eu beaucoup et elle a commencé jeune : Toto, le chat de son enfance et sa « fiancée » Martha, la reine des toits, puis Pepsi et les Robin, Romeo et Venus. Elle les a tous bien aimés.
Mais moi, ce n’est pas pareil ! Mes prédécesseurs dans sa vie et son affection étaient tous beaux, évidemment. Des chats européens aussi.
Mais moi, je suis très beau.
Elle dit aussi que j’ai quelque chose en plus : je suis très gentil et très doux, je ne sors pas mes griffes, je ne mords pas, je ne rechigne jamais quand elle me prend dans ses bras, juste pour se faire plaisir (alors que je dormais si bien !). Je suis docile, c’est dans ma nature mais j’aime ça.
Je peux dire fièrement que ma maîtresse raffole de moi, moi, son Gaston, humble petit greffier, ex-S.P.F. (je vous expliquerai plus tard ce que ces 3 lettres signifient) au parcours chaotique, jusqu’au soir où je suis arrivé chez elle, il y aura bientôt deux ans.
Je vais vous raconter mon itinéraire, jusqu’à chez elle. Et ce n’est pas banal, car nous étions finalement destinés l’un à l’autre.

CHAPITRE 2 : Un monde inconnu

Donc, avant d’aller chez cette petite dame, j’ai vécu une autre existence. Peu de souvenirs ; j’ai du les effacer. Pas beaux, ces souvenirs !
J’ai eu d’autres maîtres avant elle.
J’étais vraisemblablement un petit, tout petit chaton bien craquant, qu’on prend sans réfléchir, sans imaginer que ça va grandir. Pourtant, avec les bébés, c’est pareil ! Eux aussi ils grandissent et deviennent souvent des ados bien insupportables !
Mais qu’avais-je bien pu leur faire pour qu’on me déteste au point de me jeter à la rue ? Je gênais mes premiers maîtres ? Ah oui ! Les vacances ….je devenais encombrant, j’avais grandi, on ne pouvait plus m’emmener et surtout, j’avais cessé de leur plaire….car ils m’avaient saccagé la queue. Je préfère ne plus me souvenir de ce mauvais moment. La queue coincée dans une porte ?ou encore pour amuser la galerie, m’avait-on fait faire le tourniquet en me tenant par la queue ?
Donc, ma queue est cassée aux deux tiers, elle fait presque un angle droit et je ne parviens plus à la tenir normalement ; alors, elle se relève et reste couchée sur mon dos. J’ai une allure bizarre. Je ne pourrai plus jamais oser prétendre à participer à un concours des plus beaux chats ! Non, mon académie est défectueuse ; je ressemble aux chats de Dubout, la queue en trompette et ne cachant rien de leur intimité.
Mais ce petit quelque chose en moins est un atout : je suis spécial, on me reconnaîtrait entre mille. Tant mieux, car aujourd’hui, je n’ai pas envie qu’on me perde et m’oublie.

Enfin, on m’a donc jeté dehors ! Ouste ! Pas de vacances pour moi ; je ne faisais plus partie de leur famille !
C’est l’expérience de la rue.
Les bruits, les choses inconnues, les autres congénères pas vraiment affectueux, ni compréhensifs. Et moi, toujours aux aguets ; et la faim ! La faim….
Je n’étais pas taillé, moi, pour chercher ma pitance ; avant, il me semblait qu’il y avait toujours une assiette de quelque chose pour moi. Mais c’était avant et ici, rien !
Je suis devenu un marginal, le dernier des S.P.F. (sans panier fixe) car on ne m’aime plus ; mais, m’a t-on vraiment aimé pour moi-même ? Il me semble que quand on aime, on ne jette pas à la rue, on continue à vivre ensemble, on trouve toujours un arrangement.
Donc, j’en ai conclus, qu’on ne m’aimait pas vraiment ou même pas du tout.

CHAPITRE 3 : Une rencontre magique

Il me faut oublier cette partie de ma vie et concentrer toutes mes forces pour survivre. Il va bien finir par se passer quelque chose de bien, de beau pour moi ! Mais quand ? Pour l’instant, je dois manger.
J’ai bien remarqué une gentille dame qui entre dans cet immeuble et il me semble avoir entrevu qu’elle avait de grands paquets de croquettes dans son panier (je reconnais l’image et la couleur du paquet). Est-ce pour moi ? Non, elle entre, la porte se ferme et mes espoirs dégringolent en mille morceaux.
Il me faut vivre sur mes réserves, mais qui ne sont pas si grandes.
La faim ! Mais aussi les moqueries car mes congénères se rient de ma queue si particulière. Ici, on ne se serre pas les coudes, je devrais dire les pattes, pour s’entraider.
Chacun pour soi !
Alors, je vais agir différemment. Le charme ; et ça, j’en ai tout plein.
La gentille dame ressort ; les bras sont vides, plus de croquettes …Vite, il faut qu’elle me remarque. Je m’approche. Elle me voit, elle s’arrête et me parle. Sa voix est douce, je sens qu’elle est gentille et qu’elle doit bien nous aimer, nous, les chats.
Je la regarde, mes yeux sont tristes ; alors, elle approche la main, pourquoi ? Je prends peur et je m’enfuis sous un arbuste. Je l’entends me chercher, elle parle doucement ; ses intonations sont rassurantes.
Approchons-nous un peu ! Elle est toujours là. Elle me dit qu’elle doit partir travailler, mais qu’elle reviendra, et cette fois avec de quoi me nourrir. Vite, qu’elle revienne, vite, vite !
Comme l’attente est insupportable quand on a faim .Somnolons un peu pour oublier, mais d’un œil car ici, tout m’est étranger et je ne me sens pas en sécurité.
Enfin, la revoilà ; elle entre chez elle ; m’a-t-elle oublié ? Non, elle revient avec une boîte de croquettes, elle m’appelle : « petit chat, petit chat » (c’est vrai, que je n’étais pas bien gros !) et me verse un petit tas de croquettes. Mais comme il me semble loin de mon abri ! Que faire ? Allons, un peu d’audace, il me faut approcher, mais à pas de velours. Elle ne bouge pas et attend .Vite, allons manger quelques croquettes ! C’est fait, elle n’a pas fait un geste pour m’attraper ; recommençons, miam miam, c’est bon et c’est un tel soulagement de ne plus sentir son ventre. Mais, elle s’en va et me verse encore un petit tas de croquettes. Je pense qu’elle reviendra, encore et encore.
Plus tard, j’ai su que cela avait duré deux mois, les mois d’été et j’ai tenu le coup grâce à elle !
Et un beau jour, elle est venue me prendre en photo à différents moments, même une fois où j’étais prêt à lui sentir la main ; mais toujours sur mes gardes dans ce milieu hostile. Je ne suis pas un vrai vagabond, être clochard, ce n’est pas ma destinée.
Il se passera quelque chose, je le sens ! Déjà les jours sont moins longs et les nuits plus fraîches. Les nuits, parlons-en ; je regarde mes congénères chasser ; même si je ne suis pas bien à l’aise avec ces activités nocturnes, je dois apprendre aussi car on ne sait jamais …et si je devais rester à la rue ? Et si la gentille dame ne revenait plus ?
Comme elles sont difficiles ces journées à ne dormir que d’un œil, jamais rassuré. Tous ces bruits, toutes ces odeurs que je ne connais pas.
Et « gentille dame » revient un jour. Elle me dit que quelqu’un m’attend ; je ne comprends pas ce que ça veut dire. Est-ce bien ? Est-ce la fin de mes misères ? Et elle me le redit encore. Mais c’est quoi être attendu ? Ils sont bien bizarres ces humains ; ils prennent, ils jettent, ils disposent de nous…
On a aussi un petit cœur, une petite âme ; nous aussi, on souffre de l’abandon. Mais ça, est-ce qu’ils le savent ces humains qui ont le pouvoir sur nous, les animaux, le pouvoir de nous dompter, de nous domestiquer, juste comme ils le veulent, sans se préoccuper de savoir si nous aussi, nous avons des besoins.
Cependant, je sens confusément que si la « gentille dame »me dit et me redit cela, c’est pour me donner l’espoir d’un jour meilleur. Il me faut donc rester vigilant et espérer qu’elle dise vrai.

CHAPITRE 4 : Un long voyage

Isabelle , n’a pas menti! Je n’ai su que bien plus tard que « gentille dame » s’appelait Isabelle et qu’elle aimait très fort les chats. D’ailleurs, elle en avait déjà 4, recueillis chez elle. Mais même, un mignon comme moi, ça faisait 5 ; trop, beaucoup trop ! J’ai aussi appris qu’elle avait essayé de me trouver de bons maîtres, responsables qui ne me jetteraient plus à la rue après m’avoir adopté.
Et, elle avait trouvé !
Alors, un jour, il paraît que ce jour s’appelait dimanche, j’ai vu « gentille dame « et d’autres « gentils » essayer de m’amadouer, en me parlant gentiment, je dirais, affectueusement même, et en me donnant mieux que des croquettes.
J’ai cédé ; ça paraissait bien bon…alors, je me suis approché, j’ai goûté ; ils m’ont saisi, mais je savais que c’était pour la bonne cause et je n’ai pas résisté.
Mis dans une boîte grillagée et emmené, je ne sais où….mais, tout cela accompagné de paroles rassurantes sur un avenir qui serait plus doux pour moi.
Dans une cage, comment imaginer des jours meilleurs ? Faire confiance ? Je n’ai pas d’autre choix !
Et me voilà, embarqué en TGV (ce que j’ai aussi appris par la suite) pour d’autres lieux.
J’avais peur ! Ces bruits encore différents, ces remous, et tout ces va et vient de pieds que je découvrais de mon isoloir posé sur le sol.
J’en étais presque à regretter mes buissons où j’avais trouvé refuge après mon abandon.
Ce n’était pas « gentille dame » mais sa « gentille fille » qui me conduisait vers mon avenir.
Et puis, ça s’est terminé ; enfin, c’est ce que je croyais !
« Gentille fille » m’a transporté vers deux dames qui l’attendaient à la gare ; des bisous, des «oh», des «ah», des « quel beau chat», mais «comme il semble effrayé ! ». Ah oui ça, effrayé, c’est un moindre mot ! Je voudrais bien vous y voir, vous, dans ma situation !!!!
Deuxième découverte ! Le métro ! « Gentille fille » et les deux dames m’ont fait connaître un nouveau lieu inconnu, cet endroit si bruyant, si chaotique ! A un arrêt, « gentille fille »est descendue ; re-bisous et ma cage a changé de mains. Je sentais que pour moi, la fin du voyage approchait et que j’allais arriver quelque part. Je ne me trompais pas. Fin du métro !
Et je suis me suis trouvé dans un autre lieu ….mon périple était terminé.

CHAPITRE 5 : Le bonheur au bout de la route

Une nouvelle vie allait commencer ; elle ne pourrait qu’être plus belle et j’étais peut-être au bout de mes misères.
Les voix des deux dames étaient pleines d’encouragements ; elles ont ouvert la cage et j’ai surgi comme un diable de sa boîte. J’ai bien remarqué au passage, coussin, litière, et de quoi manger et boire ; tout cela était préparé pour moi, j’étais attendu .Mais trop timide encore et tourneboulé par mon grand voyage, je cours me réfugier sous un meuble et j’écoute. Elles me semblent déçues les deux dames, surtout une qui me parle, qui m’appelle et c’est alors que je réalise que Gaston, c’est moi ! Je suis devenu Gaston ; ça me plaît bien, ça fait original et ça me change de Minet (c’est commun, qu’en dites-vous ?)
L’autre dame s’en va, Annie c’est elle ; je saurai plus tard que c’est elle qui a servi d’intermédiaire pour me faire adopter par ma nouvelle et gentille maîtresse. Ce sera désormais son nom «gentille maîtresse ».
Dépitée, elle a abandonné ses tentatives envers moi et m’a laissé découvrir mon nouveau lieu ; mais comme ça m’a semblé grand, et encombré…des cartons partout !
Je ne me souviens plus ce que j’ai fait cette nuit-là, sauf explorer mon nouvel univers. Ce qui me revient à la mémoire c’est que « gentille maîtresse » dormait dans un immense lit et qu’il m’a paru bien tentant d’aller m’y reposer aussi. C’est là qu’elle m’a découvert au matin, surprise, oh combien ! mais réjouie aussi m’a-t-il semblé .Pas grondé du tout, le Gaston, comme une invite à y revenir les nuits prochaines. Pourquoi pas ?
Et nous nous sommes plu, nous nous sommes apprivoisés, puis adaptés l’un à l’autre et puis adoptés. Et ça dure maintenant depuis presque deux ans ; de poitevin, de pictavien, je suis devenus francilien et parisien.
Mais ces cartons ? Chaque jour, toujours plus de cartons ! J’ai appris que «gentille maîtresse »changeait d’appartement. Et moi, où allais-je aller ?
Pas de souci ; « gentille maîtresse » me voyant errer entre les cartons me fit comprendre que là où elle irait, j’irai aussi. Ce serait plus petit, beaucoup plus petit, mais j’y aurai ma place.
Je devenais son petit compagnon de sa nouvelle vie…
Elle pleurait beaucoup « gentille maîtresse »et je ne comprenais pas pourquoi. Ce n’est que beaucoup plus tard que j’en ai compris la raison. Mais ce n’est pas à moi de vous raconter sa vie ; si elle veut, elle le fera dans un autre livre. Je peux juste vous dire qu’elle aussi avait eu beaucoup de misères et c’est alors que j’ai décidé de lui donner toute mon affection.
« Gentille maîtresse » c’est ma bonne fée. Je n’aurais jamais survécu dehors à cet hiver si dur de cette année là. Je suis un rescapé !
Alors depuis, avec« gentille maîtresse » nous formons un duo assez surprenant ; je vous l’ai déjà dit, nous nous méritions l’un l’autre. Je l’ai consolé comme j’ai pu par mon attachement et ma gentillesse et elle m’a apporté sécurité, bons soins et affection.
Le seul reproche que je peux lui faire, c’est ce passage chez le vétérinaire quand j’ai commencé à faire pipi partout. Alors là, le grand jeu ! Bobo, aie, aie, aie ! Pov Gaston…
Mais c’est oublié, à présent, tout va bien.

A.P.F.

Chapitre 6 : La vie de château

Il ne me reste presque rien de ces mois de misère et d’errance, sauf cette peur panique des bruits, même légers. Au moindre bruit, je me sauve des quatre pattes mais « gentille maîtresse » me rassure et me calme ; elle me dit que tout va bien, qu’il n’y a pas de danger et qu’elle ne m’abandonnera jamais. Ouf !
Le son de son aspirateur me terrifie aussi ; il paraît que c’est pareil pour tous mes congénères. Vite, cachons nous et attendons que ça s’arrête.
Les jours défilent, je suis heureux et je pense que je le méritais bien ; vous voyez, qu’il ne faut jamais désespérer !
Je suis sûr que pour moi, le meilleur est encore à venir.
Eté 2012 chez elle, les beaux jours, le balcon (grand) à ma disposition. Et tous ces oiseaux qui passent…
Alors, j’ai décidé de lui faire un cadeau à ma « gentille maîtresse » ; j’ai attrapé au vol un gros moineau (il avait bien fallu que j’apprenne à chasser quand j’étais vagabond) et tout palpitant encore, je suis venu lui déposer au pied de son fauteuil. Elle n’a pas apprécié du tout, mais alors pas du tout ! Je me suis fait gronder ! L’oiseau saignait de partout et toutes ses plumes étaient éparpillées dans la pièce. Il était mort, et à contre cœur elle a du éliminer mon cadeau. Je n’ai pas encore compris ; une autre fois, j’ai recommencé, ce qui a entraîné la même réaction. « Gentille maîtresse » n’aime pas mes cadeaux !
Elle comprend que cela fait partie de ma nature, car la seconde fois, elle a encore grondé, mais moins fort. Je ne suis pas sûr de recommencer.

Il me semble que « gentille maîtresse » va mieux ; elle s’active énormément, écoute beaucoup de musique et ce sont des sons qui ne me font pas peur. Je trouve qu’elle pleure moins souvent.
Je suis devenu A.P.F. (avec panier fixe bien douillet) et tout ce qui va avec : un superbe coussin rouge, coussin de prince, des joujoux (mais je m’amuse aussi bien avec des boulettes de papier, chut, ne lui disons pas, elle serait trop déçue !) et la nourriture ne manque pas.
Nous avons encore beaucoup de temps à passer ensemble car je n’ai que 2 ans et demi. Elle, un peu plus, mais elle fait encore assez jeune. Elle me dit que je suis le dernier chat de sa vie, qu’après moi, il n’y en aura pas. Et je crois tout ce qu’elle me raconte ; je vous ai déjà dit qu’elle avait toujours raison « gentille maîtresse ».
Elle me donne des noms ridicules ; parfois, elle me dit « viens, mon bébé » ; moi, deux ans et demi, en âge humain ça fait quatorze ans ; le vrai âge bête des ados !! Mais je ne bronche pas… ça lui fait tant plaisir !
Elle me prend dans ses bras comme un bébé (d’homme, pas de chat) ; je me laisse faire car ça nous convient à tous les deux .Quoique je me demande si parfois je n’ai pas l’air un peu ridicule ? Oh ! Et puis, tant pis, vous savez bien que je suis docile.
Je coule des jours heureux. Je suis un miraculé de la vie (de chats !) et je sais que je suis en sécurité.

Chapitre 7 : Le bonheur , tout court

« Gentille maîtresse » me dit que j’ai l’air intelligent…normal, elle me parle tout le temps! Je finis par comprendre ce qu’elle me raconte. Elle est bavarde, « gentille maîtresse » !
Un exemple. Elle n’aimait pas que je la réveille chaque matin vers cinq heures, en faisant le zouave sur son lit ou en venant lui tapoter la tête avec pattes de velours. Alors, un jour, elle m’a regrdé bien dans les yeux et m’a expliqué que je devais la laisser dormir car elle était très fatiguée. J’ai tout compris, et depuis je la laisse se reposer ; je crois bien l’avoir impressionnée. Je suis intelligent et docile ; mais ça, je vous l’ai déjà dit. Et la modestie, c’est mon fort !
« Gentille maîtresse »ne se prive pas de me caresser encore et encore ; il faut dire que ma fourrure est si épaisse et si douce .Et toujours et toujours, elle me répète que je suis beau, un très beau chat, le plus gentil chat qui existe, qui ne se rebelle jamais. Je ne ronronne pas ce qu’elle regrette, car la ronronthérapie , c’est bon pour les humains ; ça console et ça apaise . Mais moi, je ne ronronne pas, je ne sais pas le faire.
Je miaule très peu, très très peu ; c’est ma particularité, je suis spécial !
Oui, spécial ! Mais je ne fais pas ma star, moi ! Je ne suis pas un chat de race, je ne suis pas capricieux, je ne me prends pas pour une vedette. Se la jouer grave, comme disent les humains, ce n’est pas mon genre. Moi, je suis juste Gaston, un petit chat de gouttière.
« Gentille maîtresse » est indulgente ; elle ne me crie pas dessus, même quand, en fin de journée, j’ai mes cinq minutes de folie et que je galope comme un malade sur son beau lit. Je vois bien qu’elle n’aime pas du tout. Alors, je ne vais pas trop abuser et je me calme. Elle n’apprécie pas non plus si je fais une tentative pour exercer mes griffes sur son papier peint. Je reconnais que c’est vilain de ma part, d’autant qu’elle met tout à ma disposition (j’ai déjà usé trois grattoirs en corde !), mais c’est tellement bien, quand c’est défendu ! C’est mon petit côté espiègle. Mais, j’y vais mollo, je n’abuse pas trop de son indulgence, je ne veux pas la contrarier, ma « gentille maîtresse » ; je ne suis pas un voyou ! Mais, je suis encore bien jeune et jouer, c’est de mon âge.

CHAPITRE 8 : Tout n’est pas parfait

Mais parfois, « gentille maîtresse » me laisse seul quelques jours. Là où elle va, elle ne peut pas m’emmener…quelques jours de vacances dans sa famille. Oh ! Ça n’arrive pas souvent ; jusqu’à présent deux fois par an, et je ne suis pas abandonné. Il y a toujours des gentilles dames pour s’occuper de moi et des voisins charmants (« gentille maîtresse » s’entend bien avec ses voisins) qui viennent me voir, me nourrir et aussi jouer avec moi ; Annie (on l’appelle ma marraine) vient me câliner. Il n’y a rien à dire, tout est bien organisé sauf que ce n’est pas ma « gentille maîtresse » et qu’elle me manque. Elle le sait…je pense que je lui manque aussi parmi ses jours de détente. D’ailleurs avant de partir avec sa petite valise et de fermer la porte, elle revient me faire des bisous et m’affirme : « je reviendrai », c’est promis !
Oh, mais ils sont bien longs les jours sans elle. Je me rencoquille sur mon beau coussin de prince et j’aspire à son retour. Mais elle est revenue à chaque fois ; ça compte une promesse de gentille maîtresse !
Seulement, je sais qu’elle repartira ; elle a bien le droit de changer d’air de temps en temps et de se divertir. Mais c’est long quand même !
Et quand j’entendrai son pas dans le couloir et qu’elle reviendra avec sa p’tite valise, je serai heureux. Mais d’abord, histoire de marquer le coup, je bouderai, ferai un peu la tête, mais sans exagération tout de même. Alors, je ferai la fête, je ne suis pas rancunier. Elle avait promis, elle est revenue, Youpiii !
Vous voyez, tout n’est pas toujours parfait mais ça s’arrange et je dois dire que je suis vraiment bien tombé dans la maison de « gentille maîtresse ».
Je sais que désormais, je suis en sécurité ; « gentille maîtresse » ne changera jamais ; je serai toujours son petit gâté. La vie est belle !
Je pensais ne plus rien avoir à vous raconter, mais j’ai changé d’avis ; je ne veux pas vous quitter déjà. Certains jours sont parfois un peu plus pimentés et je pense que ces petits morceaux de ma vie pourront vous intéresser.

CHAPITRE 9 : Quelques soucis

Depuis quelque temps, «gentille maîtresse » s’absente beaucoup. Il paraît qu’elle a repris des activités. Heureusement, pas tous les jours, car ces jours là, elle me laisse seul et déjà tôt, le matin.
Elle s’ennuyait !! Moi, ça m’ennuie qu’elle parte ainsi ; ça m’ennuie et ça me chiffonne car je ne lui suffis plus. Il lui faut encore plus. Mais elle me semble contente …et fatiguée aussi.
Alors, j’accepte ces jours plus longs que d’autres en son absence. Je me croquemitoufle tout près de ses pantoufles (ce n’est pas de moi, mais de Gilbert Bécaud , vous aviez reconnu !) qu’elle chaussera en rentrant le soir, un peu honteuse de m’avoir laissé tout seul ( enfin, c’est ce que j’imagine) ;
Mais j’ai droit à ma petite dose de caresses que, d’ailleurs, je réclame en me roulant à ses pieds car je suis un tendre, mais aussi pour bien laisser mes poils sur son tapis .Na !
Mais pas bien pour moi ça, car il faudra qu’elle sorte ce satané aspirateur dont je redoute le bruit, pour enlever tout ce que j’y laisse en faisant mon gracieux, les pattes en l’air pour me faire papouiller le bidon.
Et elle me dira que je suis le plus beau « maou » du quartier et qu’en plus, j’ai bon caractère.
Et tout ça, c’est bien vrai ; si elle était restée dans son Nord natal, « gentille maîtresse » dirait que je suis « amiteux ».
Oh, le doux et joli mot !
Quand elle est là, je ne la quitte pas d’une patte et ma récompense, c’est le soir quand elle se met (enfin !!!:) dans son fauteuil qu’elle adore et moi aussi sur mon fauteuil , ou sur ses genoux à elle, dans son fauteuil . Elle me redit que je suis beau, intelligent et gentil et que ça aurait été un vrai gâchis si je n’avais pas survécu ! Moi aussi, je l’adôôôre !
[…]
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